Profil d’Isobel Anderson
Je suis née et j’ai grandi à Bulawayo, au Zimbabwe, en Afrique, mais je vis et travaille à Ottawa depuis 22 ans. J’ai débuté ma carrière policière auprès de la British South Africa Police (BSAP), en Rhodésie, un pays où sévissait la ségrégation raciale, aujourd’hui connu sous le nom de Zimbabwe. À l’époque, la BSAP comportait deux structures de rangs : l’une pour les Blancs et l’autre pour les Noirs.
En 1979, je fus la première personne de race noire à rallier les rangs des Blancs en Rhodésie. Presque du jour au lendemain, une guerre civile furieuse éclata entre le régime rhodésien et les insurgés noirs. En peu de temps, je suis passée du travail policier courant à lutter pour ma vie. Je fus l’une des plus jeunes policières à être promue au rang de sergent, et c’est à ce moment que j’ai su que je voulais faire une différence dans la vie des gens.
Lorsque la guerre s’est terminée, j’ai dû admettre que les changements que j’attendais n’allaient pas se produire du jour au lendemain; j’ai donc entrepris le processus afin d’immigrer au Canada. Je souhaitais ardemment élever mes enfants dans un pays qui leur permettrait de réaliser leurs aspirations sans égard à leur race. Nous sommes arrivés à Ottawa à l’été 1989. La carrière policière que j’avais laissée derrière au Zimbabwe me manquait terriblement, c’est ainsi que je me suis présentée au bureau de recrutement du Service de police d’Ottawa.
J’ai travaillé dans différents domaines, dont la patrouille policière, la violence conjugale, la section de la jeunesse, la détention temporaire, la diversité et les relations interraciales, et j’ai aussi été chef de peloton. Jusqu’à tout récemment, j’étais détachée au Collège canadien de police où j’ai passé deux années à travailler à titre de coordonnatrice-animatrice du Cours d’administration de police senior, un cours de leadership qui initie les gestionnaires intermédiaires aux concepts et stratégies de leadership. Durant la troisième année de mon détachement, j’ai été promue à des fonctions de gestion, chargée de la supervision des opérations de la section. Je suis actuellement officière responsable de la Section de la violence conjugale.
La raison qui me pousse à faire toutes ces choses est simple : je crois que pour effectuer un travail policier efficace, il importe d’entretenir des liens étroits avec la communauté. J’ai siégé à différents conseils d’administration, dont celui de l’Ontario Women in Law Enforcement; de l’Organisme communautaire des services aux immigrants d’Ottawa, et de Leadership Ottawa. Je contribue actuellement à la mise en œuvre d’une des initiatives de Force Zéro, le mouvement mondial voué à l’élimination du recours aux enfants soldats.
Le renforcement des capacités me passionne beaucoup, en particulier en ce qui concerne les femmes et les jeunes. Selon moi, pour influencer les autres, je dois être un modèle des comportements que je désire voir chez les gens. Pour favoriser le changement, je ne peux simplement me contenter de rester en marge et d’exprimer mon mécontentement : je dois m’impliquer.
J’ai vu les bienfaits directs du Séminaire sur les violences sexuelles basées sur le genre dans les opérations de maintien de la paix. Je garde contact avec certains participants qui souhaitent vivement partager leurs expériences et communiquer la façon dont ils travaillent à différentes initiatives et à renforcer les capacités de leurs collègues et des gens de leur communauté. Plusieurs participants me disent que les compétences développées dans le cadre du séminaire sont utilisées à bon escient dès qu’ils retournent dans leur pays. Le rendement de l’investissement est énorme.
J’aimerais vraiment que les participants retiennent de ce colloque qu’il nous faut assumer collectivement la responsabilité des violences sexuelles basées sur le genre, et qu’ensemble nous pouvons trouver des façons de les prévenir et de les enrayer.
Isobel Anderson fait partie de notre communauté d’experts depuis 2006. Elle s’est rendue dans divers pays d’Afrique avec le Centre Pearson pour le maintien de la paix pour concevoir, élaborer et offrir des programmes de formation de pré-déploiement aux policiers des Nations Unies. Depuis quelques années, elle concentre ses efforts sur la formation touchant aux violences sexuelles basées sur le genre dans les opérations de maintien de la paix.





